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LÀ OÙ LES GRANDS
ne trouvent pas de chaussures ou de tuyau de douche à leur taille, les études anthropométriques
viennent à leur secours. Il existe une catégorie émergente de Français plus hauts que la moyenne
comme l'indiquent les données sur « Les grands dans la campagne nationale de mensurations »
dévoilées hier par l'
IFTH, l'Institut français du textile-habillement.
« Sur les 18-70 ans,
on est en présence d'une génération de très grands. Ils constituent un groupe statistique qui
n'existait pas lors des dernières mesures effectuées voici trente ans, explique Patrick Robinet,
chef du projet. Les courbes montrent que les moins de 18 ans, qui seront étudiés plus tard,
s'inscrivent encore plus dans cette tendance. »
Le phénomène est plus massif chez les hommes
que chez les femmes : d'après l'étude, les hommes de plus de 1,86 m représentent ainsi près
de 10 % de la population, alors que les femmes de plus de 1,75 m, environ 5 %. « Les gens de
cette catégorie ont grandi des jambes plus que du torse. Toutes les parties du corps sont néanmoins
concernées, les pieds, les mains, le tour de tête. Les statures élevées se retrouvent surtout
chez les plus jeunes. Elles sont sureprésentées chez les 26-35 ans », poursuit le responsable.
Contrairement
aux idées reçues, les très grands ne sont pas forcément corpulents. Leur indice de masse corporelle
suit exactement les mêmes résultats que l'ensemble de la population et on y retrouve les pourcentages
d'anorexiques ou d'obèses semblables aux personnes de taille moyenne. Des résultats qui, en
Europe, nous classent en 5
e
position, derrière les Pays-Bas, la Suède, la Belgique
et le Royaume-Uni.
« On a la confirmation que les grands ne sont pas tous gros. Il va falloir
faire du lobbying auprès des industriels, souligne Didier Mattiuzzi, président de l'association
Altitudes, dédiée aux grandes et grands, forte de 200 membres. En France, contrairement à l'Angleterre,
les grands ne peuvent s'habiller en grande distribution. Ils ont pourtant le même pouvoir d'achat
que les autres. Les entreprises passent à côté de plus de 1,6 million de clients potentiels,
le nombre de femmes et d'hommes de plus de 1,80 m. » Un appel du pied aux professionnels pour
qu'ils investissent dans les coffrets anthropométriques sur les grands que vient d'éditer l'
IFTH.
A
l'étroit dans
les baignoires
Au-delà du textile, c'est une multitude de secteurs qui sont concernés
par les tailles XXL. « Mis à part les baskets, impossible de trouver à se chausser au-delà du
43, la plupart des jeans sont toujours trop courts, ou trop larges s'ils sont longs. Les lits
sont trop petits et les sièges de voiture trop étroits, on a le volant entre les jambes », résume
le porte-parole des grands. « Dans le dernier TGV redessiné par Lacroix, on manque aussi de
place, à bord des avions également. Les téléphones publics ont des cordons trop courts et on
ne parle même pas des baignoires. »
D'après les intéressés, il faudrait se vêtir chez Zara,
H&M, se chausser chez Jean Thiot ou Sagone et s'équiper à Ikea pour trouver sa mesure. Des adresses
encore trop rares. « Nous voulons satisfaire toutes les clientèles. Nos membres ont tout intérêt
à revoir leur gamme de taille », assure François-Marie Grau, délégué général de l'Union française
des industries de l'habillement. Ils y seront sans doute poussés par les futures générations.
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