Getty Images
La galère des très grandes
1,90 m, pointure 43. Des mensurations qui ne sont plus l’apanage des basketteuses. Selon la dernière étude commandée par l’Institut français du textile et de l’habillement, la « petite femme française » a beaucoup grandi. Le problème numéro un quand on est hors standards, c’est la garde-robe… La preuve avec Sophie, 1,85 m.
Elles sont bardées de surnoms : girafe, grande cheminée ou asperge. Il serait peut-être temps d’en trouver de moins désobligeants car elles sont de plus en plus nombreuses. Les récentes interprétations de la campagne de mensuration lancée en 2006 sont formelles : 400 000 femmes en France sont estampillées « très grandes ». Si la taille moyenne des Françaises reste aux alentours d’un petit 1,62 m, les générations à venir risquent d’exploser les toises. « Les écarts sont de plus en plus importants entre les petites et les grandes », explique Patrick Robinet, de l’Institut français du textile et de l’habillement (IFTH). « Si le phénomène est plus flagrant chez les hommes, qui sont aujourd’hui près de 10 % à mesurer plus de 1,86 m, la dynamique est la même chez les femmes. Dans cinq ans, les différences entre hommes et femmes auront disparu. »
Ni mannequins, ni basketteuses, ces filles composent avec leur taille, comme d’autres avec des pieds disgracieux. Sauf qu’elles ne peuvent se cacher dans leurs ballerines. Difficile d’être féminine quand on fait deux têtes de plus que la moyenne, explique Caroline, 29 ans : « S’habiller quand on fait 1,85 m, c’est la vraie galère. Les longueurs ne sont pas adaptées, à moins d’aimer les pantalons courts avec chaussettes apparentes ! Alors, il ne reste plus qu’à fouiller longtemps afin de dénicher le jean qui voudra bien s’étirer jusqu’à la cheville. » Car c’est bien là le problème : l’offre, dans les enseignes françaises, est encore aujourd’hui terriblement réduite.